Apprendre à jouer aux échecs est relativement facile. Il suffit en effet d’apprendre les règles de base du jeu, les déplacements des pièces, les coups spéciaux et de se familiariser avec l’échiquier.
Par contre, quitter le stade de débutant pour devenir meilleur aux échecs, c’est une autre paire de manches ! Cela nécessite en effet, après la phase initiale d’apprentissage, d’aller en profondeur dans la pratique du jeu : ouvertures, stratégies, pièges, gestion des fins de parties, etc. Tout un programme donc, qu’on ne sait généralement pas par quel bout prendre.
J’ai moi-même longtemps tourné en rond avant de pouvoir finalement trouver les bonnes techniques pour évoluer réellement et atteindre un niveau de jeu raisonnable. Il faut dire que j’ai eu la chance d’avoir les conseils de plusieurs joueurs assez forts, ainsi que de quelques maîtres internationaux. Vous savez, ces joueurs qui donnent l’impression de prédire tous les coups de leur adversaire et font des merveilles sur l’échiquier…
A travers les réponses glanées ici et là, j’ai pu identifier 5 techniques très efficaces qui, lorsqu’elles sont bien appliquées, peuvent permettre à tout joueur sérieux de devenir un redoutable adversaire aux échecs. Je les partage avec vous dans le billet d’aujourd’hui !
Sommaire
Technique n° 1 : Développer ses pièces de sorte à contrôler le centre
Comme dans une bataille entre deux armées, il est important, aux échecs, de déployer ses forces à des endroits stratégiques pour avoir une chance d’atteindre l’ennemi et de remporter le combat.
Pour rappel, en début de partie, chaque joueur dispose de 16 pièces aux déplacements différents, et de valeurs distinctes :
- 8 pions ;
- 2 cavaliers ;
- 2 fous ;
- 2 tours ;
- 1 dame (reine) ;
- 1 roi.
Dans un premier temps, il est important de développer ses pièces de sorte à protéger rapidement le roi grâce à un roque (plus de détail sur ce coup spécial ici). Mais il ne s’agit pas de simplement les sortir et de les placer n’importe où sur l’échiquier afin de pouvoir roquer.
En fait, ce qu’on ne sait pas forcément quand on débute, c’est que le développement doit se faire avec comme objectif primordial le contrôle du centre. Pour rappel, l’échiquier comporte 64 cases, avec au centre, les 4 cases suivantes :
- e4 ;
- e5 ;
- d4 ;
- d5.
Chacune de ces cases est importante parce que toute pièce qui les occupe a un rayon d’action beaucoup plus grand. Le cavalier placé sur une case centrale contrôle, par exemple, beaucoup plus de cases que s’il est placé sur une case du bord de l’échiquier. Il en est de même pour le fou, la tour, et surtout la dame (ou reine), dont la puissance est dévastatrice quand elle finit par accéder au centre.
Ainsi, pour chaque camp, les coups initiaux ne doivent pas servir seulement à dégager le chemin pour pouvoir protéger son roi. Ils doivent également rapprocher les pièces le plus près possible du centre sans qu’elles ne soient capturées.
Pour cela, elles peuvent être placées sur des cases du centre, ou sur des cases adjacentes avec une action directe sur une case centrale.
Par ailleurs, pour une bonne efficacité de cette technique, et pour éviter d’être pris à revers très tôt, l’idéal est de commencer ce déploiement par les cavaliers et les fous.
Technique n°2 : Rendre ses pièces actives
Une deuxième technique qu’il est impératif d’appréhender pour devenir meilleur aux échecs est la notion d’activité des pièces.
Aux échecs, on désigne par « matériel », l’ensemble des pièces dont vous disposez pour pouvoir mettre le roi de votre adversaire échec et mat. En d’autres termes, il s’agit des membres de votre armée qui sont encore au front.
Pour mettre le roi adverse mat et remporter la bataille, il est indispensable que chacune de vos pièces ait la liberté de s’exprimer.
Par exemple, vos fous ne peuvent pas bien s’exprimer si des pions de votre propre camp obstruent leur chemin. De même, votre cavalier aura du mal à bien s’exprimer s’il ne peut occuper une bonne case durablement sans en être chassé.
Une fois que cette notion est bien comprise, certains bons coups sautent plus naturellement aux yeux quand certaines pièces ne participent pas effectivement à la bataille.
Retenez donc ici que rendre une pièce active, c’est la placer à un endroit où elle peut prendre part aux manœuvres de son armée. Pour en revenir à notre parallèle avec une bataille entre deux armées, quand un soldat est oisif sur le champ de bataille alors que ses collègues combattent, il faut :
- L’amener au cœur de la bataille ;
- Lui assigner un rôle ;
- Lui donner les moyens de remplir sa mission.
Technique n°3 : Jouer et analyser ses parties
Cette technique est toute aussi évidente qu’elle est peu exploitée en réalité. Elle fait écho au très populaire adage : c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Par analogie, c’est en jouant aux échecs qu’on devient un meilleur joueur d’échecs !
Cependant, quand on commence, après avoir maîtrisé les bases du jeu, à absorber beaucoup de connaissances tactiques et stratégiques pour progresser, il est fréquent de faire face à la peur de les mettre en application en situation réelle. Le trac du débutant, en quelque sorte…
S’il vous arrive de ressentir un certain stress à l’idée de jouer en compétition ou des parties amicales en club, même contre des adversaires potentiellement plus « faibles », rassurez-vous, cela est tout à fait normal, et même assez commun.
En effet, nombreux sont les joueurs débutants qui pensent qu’ils peuvent, juste grâce aux multiples connaissances théoriques développées dans les livres spécialisés, devenir de grands maîtres d’échecs avant de commencer par jouer et, donc ne plus perdre.
Si c’est votre cas, je vous le dis tout de suite : vous vous trompez !
En effet, aux échecs, chaque nouvelle notion tactique ou stratégique apprise doit IMPERATIVEMENT être essayée au cours d’une vraie partie afin de bien l’assimiler, mais aussi de la mettre à l’épreuve d’autres réponses tactiques.
Ce n’est que comme ça que l’on devient meilleur aux échecs !
Et pour progresser encore plus vite, l’idéal est de noter ses parties d’échecs afin de les analyser et identifier ce qu’on aurait pu mieux faire. Vous pouvez aussi le faire sur les plateformes d’échecs en ligne comme chess.com ou encore lichess.org
Comme le grand maître international José Raul Capablanca avait l’habitude de le dire, « on apprend beaucoup plus d’une partie perdue que de 100 parties gagnées ». Jouez donc, encore et encore, et prenez le temps d’analyser chacune de vos parties pour détecter vos erreurs afin de ne plus les répéter.
Pour ce faire, vous pouvez :
- Utiliser un logiciel d’analyse de parties ;
- Demander à un joueur plus fort d’analyser avec vous ;
- Rejouer la partie contre vous-même pour voir si vous auriez fait de meilleurs choix.
Technique n°4 : Travailler les finales
Vous l’avez déjà sans doute entendu plusieurs fois : la finale est la phase la plus importante d’une partie d’échecs. Nombreux sont en effet les Grands Maîtres qui considèrent qu’il est indispensable de savoir bien gérer les finales pour vraiment progresser aux échecs. Et je suis du même avis !
Malheureusement, contrairement à la phase d’ouverture ou au milieu de partie, peu de joueurs consacrent du temps à l’étude des finales.
Ce qui est assez dommage, car si vous parvenez à maîtriser les notions fondamentales de cette phase ainsi que certaines finales classiques, vous n’aurez alors plus qu’à vous arranger pour vous retrouver en finale afin d’avoir une longueur d’avance sur votre adversaire.
Concrètement, voici les notions importantes à apprendre pour maîtriser les finales :
- L’opposition ;
- Le pat ;
- Avec quelles pièces est-il possible de faire échec et mat ? ;
- Comment faire échec et mat avec une tour et un roi contre un roi isolé ;
- Comment faire échec et mat avec une dame (reine) et un roi contre un roi, etc.
Pour devenir meilleur aux échecs, consacrez du temps à chacune d’elles.
Ainsi, après l’ouverture et si vous ne parvenez pas à faire échec et mat en quelques coups, dès que vous obtenez un petit avantage en milieu de jeu (même d’un pion), votre but ne sera plus que d’essayer d’échanger plusieurs pièces pour pouvoir jouer une finale pour remporter la partie.
Technique n°5 : Ne pas avoir peur en jouant
Les échecs se jouent à deux. Considéré comme le roi des jeux de stratégie, on admet tous qu’il est déjà relativement complexe. Alors, imaginez qu’avant même de commencer, vous n’avez déjà plus confiance en vous. Vous vous rendrez sûrement la tâche encore plus difficile.
Jouez donc en ayant à l’esprit que la peur est contre-productive. Pour cela, il est important de ne pas vous inventer des menaces qui n’existent pas et de vouloir y répondre.
Par exemple, si un adversaire met votre roi en échec et que vous pouvez simplement protéger votre roi en interposant un pion pour chasser votre assaillant, alors faites-le, tout simplement. Mais n’allez surtout pas paniquer en imaginant une menace inexistante. Vous pourriez vous retrouver échec et mat un peu bêtement.
Comme pour tous les sports, il faut jouer aux échecs en croyant en soi. À la fin, vous perdrez peut-être, mais vous n’aurez pas de regret si vous avez bien respecté les règles essentielles suivantes :
- Bien évaluer vos coups et les menaces possibles pour vous avant de jouer ;
- Bien évaluer les coups de votre adversaire ;
- Vérifier si une de vos pièces n’est pas attaquée et sans défense suffisante ;
- Vérifier les possibilités d’échec pour chaque camp avant de jouer.
Parfois, jouer sans peur et avec tout son calme peut même tromper l’adversaire. Un adversaire qui s’est lancé à l’assaut de votre roi, mais ne remarque aucun signe de panique sur votre visage peut en effet commencer par se poser des questions sur la pertinence de son attaque et se rétracter.
Pour conclure
Les échecs sont un jeu amusant auquel on prend beaucoup plus de plaisir à jouer quand on en comprend bien les principes et qu’on y enchaîne les victoires. Pour cela, chacune des techniques détaillées ici vous sera sans doute très utile en vous permettant de progresser rapidement.
Mais bien entendu, ce ne sont pas les seules techniques pour devenir meilleur aux échecs. Vous pouvez également essayer de prendre des cours. Certains apprennent mieux quand ils ont un guide, tandis que d’autres préfèrent regarder des vidéos pour apprendre.
Si vous êtes plutôt pour la seconde option, je vous recommande de vous orienter vers les plateformes en ligne d’échecs qui proposent du contenu d’apprentissage. La plupart d’entre elles reviennent d’ailleurs en détail sur certaines des techniques évoquées dans ce billet. C’est notamment le cas de la plateforme « Apprendre les échecs en 24 h » que j’ai testée et sur laquelle je vous donne mon avis détaillé ici.

