Aux échecs, le roi est la pièce la plus importante. D’ailleurs, la fameuse locution « échec et mat » qui met fin à une partie proviendrait de l’arabe « sheykh mat », signifiant littéralement « le roi est mort ».
Cependant, comme vous le savez sûrement, aux échecs, l’on ne tue pas le roi adverse ; on ne le capture même pas. Dès que ce dernier se retrouve en position de capture et qu’il n’a plus aucune possibilité de fuite, il est obligé de rendre les armes. Pas très combattif, on est d’accord.
Et comme vous le verrez dans la suite de ce guide, les souverains des deux camps ne sont pas vraiment les pièces les mieux outillées pour la guerre. N’empêche que ce sont bien eux qui retiennent toute l’attention sur l’échiquier. Coiffés de leur couronne surmontée d’une croix, ils doivent être protégés, par les autres pièces, des assauts du joueur adverse quoiqu’il advienne afin d’éviter justement de se retrouver « mat ».
Mais comment chaque roi se protège et se défend-il ? Quels sont les déplacements qu’il peut effectuer sur l’échiquier ? On vous explique tout en détail dans ce guide, avec en prime, quelques astuces et stratégies pour garder le vôtre le plus longtemps possible debout sur l’échiquier.
Sommaire
Tout savoir sur le déplacement du roi dans un jeu d’échecs
Pour faire simple, le roi se déplace comme la dame, mais d’une seule case à la fois et dans toutes les directions possibles : horizontalement, verticalement, en diagonale, vers l’avant comme vers l’arrière. Il est, à ce titre, une pièce à courte portée (ou pièce à marche courte).
Aussi, bien qu’étant la pièce principale du jeu, le roi ne peut survoler aucune pièce (homologue ou ennemie) comme le fait par exemple le cavalier. Si une pièce ennemie (sauf le roi adverse) s’approche trop près de votre roi (donc à une case de distance) et n’est pas protégée, vous pouvez la capturer si le besoin se fait sentir.
Pour cela, il suffit de retirer la pièce en question de l’échiquier et de placer le roi sur la case qu’elle occupait.
Concrètement, un roi placé au centre de l’échiquier a donc la possibilité de se déplacer sur 8 cases, mais ne contrôle que cinq cases s’il est au bord. S’il se retrouve dans un angle de l’échiquier, il ne peut alors contrôler que trois cases. On peut donc considérer que le roi, au même titre que toutes les autres pièces du jeu d’échecs, exprime son plein potentiel lorsqu’il se trouve au centre.
Toutefois, mieux vaut, en règle générale, éviter de laisser votre roi s’aventurer en ces lieux où il serait tout particulièrement exposé aux assauts des pièces ennemies. En réalité, du fait de sa vulnérabilité, le roi est même souvent forcé de se cacher la plupart du temps.
Il est par ailleurs important à ce niveau de préciser que les règles du jeu d’échecs interdissent formellement que les deux rois se retrouvent face à face ou côte à côte. Ce qui est assez logique, car ils seraient alors en position de capture, l’un et l’autre. Cette sorte de suicide n’est pas autorisée. D’ailleurs, dans le même esprit, le roi n’a pas non plus le droit de se mettre sur une case attaquée par une pièce ennemie.
Astuces pour bien utiliser votre roi
Pour bien déplacer son roi, il faut garder à l’esprit qu’il est très vulnérable et que le but de chaque camp est de « capturer » le monarque adverse. Il s’agit donc de tout faire pour mettre le roi adverse échec et mat, tout en veillant à ce que votre propre roi ne soit pas échec et mat avant.
Ainsi, comme expliqué plus haut, le roi aura tendance à se cacher durant la majeure partie de la bataille avec le joueur adverse. En début de partie, la principale astuce à retenir est donc qu’il est préférable de le mettre en sécurité dans un coin derrière ses pions. Pour cela, il existe une manœuvre appelée « roque ».
Ce coup spécial s’effectue en bougeant de deux cases votre roi sur sa rangée initiale, à gauche ou à droite et en plaçant la tour de l’autre côté du monarque. Selon le sens dans lequel le geste est effectué, on parle de petit roque ou de grand roque.
Ce coup permet de bâtir, pour votre roi, un abri sûr derrière les pions afin de le protéger temporairement des pièces ennemies. Mais bien entendu, cet abri de pions n’est pas indestructible…
Au final, après chaque coup de l’adversaire et à chaque fois que vous voulez jouer, vous devez vous demander si votre roi est en danger. S’il est menacé ou sera menacé au prochain coup, vous devez le protéger en :
- Lui trouvant un chemin de fuite ;
- Interposant une pièce amie pour le protéger ;
- Capturant la pièce qui le menace.
Quelles stratégies adopter avec le roi ?
Une partie d’échecs se joue en trois phases : l’ouverture, le milieu de jeu et la finale. Pour chacune de ces phases, il existe des stratégies à adopter avec son roi.
Durant la phase d’ouverture, l’un des principaux objectifs est de protéger son roi en faisant le roque pour lui construire un abri derrière ses pions. Quand on débute aux échecs, il est plus recommandé d’opter pour le petit roque que le nombre de pièces à déplacer pour dégager le chemin entre le roi et la tour est moins élevé que pour faire un grand roque (2 contre 3).
Dès que vous effectuez le roque, vous réalisez un autre objectif de l’ouverture qui est d’activer et de lier les tours. Cela sert de parfaite transition vers le milieu de partie. Durant cette deuxième phase, vous devez veiller à ne pas détruire ou laisser le joueur adverse détruire l’abri construit initialement pour votre roi. Il n’est cependant pas recommandé de toucher au roi en milieu de partie à moins que ce dernier soit menacé.
En finale, la plupart des pièces sont déjà prises. Il en reste donc peu sur l’échiquier. L’objectif de chaque camp est, dans la majorité des cas, d’amener un pion en promotion afin de pouvoir mettre le roi adverse échec et mat avec plus vite.
Si votre roi a joué en ouverture et en milieu de jeu un rôle plutôt passif, en finale, il doit s’activer pour aider à la lutte pour la promotion. C’est une stratégie importante : activer son roi en finale.
Vous remarquerez que vous n’aurez souvent pas d’autre choix que d’activer votre monarque, car son soutien est souvent nécessaire pour faire échec et mat, comme dans les cas suivants :
- Vous avez une tour et votre roi contre le roi adverse ;
- Vous avez une dame et votre roi contre le roi adverse ;
- Vous avez un fou et un cavalier contre le roi adverse.
Toutefois, s’il est moins vulnérable en fin de partie, phase durant laquelle il exprime pleinement son potentiel, le roi doit tout de même faire attention à éviter de tomber dans les différents pièges du joueur adverse qui a les mêmes objectifs.
Quelle notation algébrique pour le Roi aux échecs ?
En français, la notation du roi est indiquée par la lettre R, première lettre du mot Roi (toujours en majuscule) selon la Fédération internationale des échecs (FIDE). En anglais, il est noté K, pour King.
FAQ
Comment changer le roi et la tour ?
Cela se fait en déplaçant le roi de deux cases et en plaçant la tour la plus proche de l’autre côté du roi. Ce coup est appelé le roque et il permet de placer le roi dans un coin derrière des pions. Parfois, après le roque, le roi se retrouve derrière les trois pions et un fou si vous avez placé votre fou en fianchetto.
Quand le roi ne peut-il plus bouger ?
Deux principaux cas de figure sont envisageables :
- Lorsque le roi est menacé par une pièce adverse et qu’il ne peut ni la capturer, ni fuir ou être protégé par une de ses pièces amies par interception. Il y a alors échec et mat.
- Si le roi n’a plus de pièces amies sur l’échiquier, mais n’a plus de case légale où aller alors qu’il n’est pas menacé, il ne peut plus bouger. On dit qu’il est pat et la partie se solde par un match nul.
Est-ce que le roi peut avancer de deux cases ?
Non, le roi ne peut pas avancer de deux cases. Le seul moment où il peut bouger de deux cases est lors du roque, mais le déplacement pour ce coup se fait uniquement à l’horizontale sur la rangée initiale.
Est-ce que le roi peut manger aux échecs ?
Oui, le roi peut capturer toute pièce ennemie, non protégée par une autre pièce, en se déplaçant sur la case occupée par celle-ci.


