Si vous êtes passionné d’échecs et des autres jeux de stratégie du même type, vous avez probablement déjà entendu parler du shōgi, que l’on appelle également les échecs japonais. Encore peu connu en France et dans le reste du monde occidental, ce cousin éloigné est une véritable religion au Pays du Soleil Levant.
Dans ce petit guide introductif, je vous propose d’aller à la découverte du Shōgi à travers son histoire, ses principales caractéristiques, ainsi que ses spécificités par rapport aux échecs occidentaux.
Sommaire
Aux origines du shōgi
L’histoire du shōgi et des autres variantes du jeu d’échecs est assez similaire à celle de beaucoup d’autres familles de jeux de société anciens. Elle fait intervenir un jeu ancestral, dont les premières mentions historiques remontent au VIème siècle, quelque part en Asie Centrale (Inde, Chine ou actuelle Iran, selon les théories).
Au fil des siècles et au gré des migrations humaines, ce jeu qui est l’ancêtre commun de toute la famille des jeux d’échecs, a évolué de différentes manières en fonction des zones géographiques dans lesquelles il s’est exporté.
Pendant son exportation vers l’Occident, il devient, au contact des civilisations successives, le Shatranj (ou Chatrang), la variante historique perse qui est considérée comme la mère des échecs occidentaux.
Pendant ce temps en Orient, l’ancêtre des jeux d’échecs arrive en Chine, où il subit diverses modifications pour donner naissance au Xiangqi (ou Xiang-Qi). C’est vraisemblablement de cette variante chinoise que découle le shōgi, dont les premières versions remontent au VIIIème siècle à Nara (ancienne capitale du Japon).
Au cours des siècles suivants, cette variante nippone connaît plusieurs modifications et évolutions de ses règles, jusqu’à devenir, à partir du XVIème siècle, le shōgi moderne tel qu’il est joué aujourd’hui.
Voilà pour les origines du jeu !
Présentation du shōgi
En japonais, le terme « shōgi » signifie « jeu des généraux ». Il dérive du mot japonais « shōgun » qui veut dire « général militaire suprême ». Le décor est tout de suite planté !
Principe et bases
Comme vous l’aurez compris, le shōgi est un jeu de stratégie d’inspiration guerrière. Dans la classification officielle, il fait partie des jeux de stratégie combinatoire abstraits.
Chaque partie met donc en présence deux joueurs possédant chacun un certain nombre de pièces, et jouant chacun à leur tour. A l’instar des autres jeux de cette catégorie, le hasard ne joue aucun rôle dans le déroulement des parties ; tout est question de stratégie.
Le matériel de jeu
Le shōgi se joue sur un plateau carré de couleur uniforme appelé shōgiban. Ce dernier comporte 81 cases (9×9).
Chaque joueur possède, au début du jeu, 20 pièces en bois clair de forme plate et en pointe. Chacune d’eux porte une inscription en japonais (un « kanji ») à l’encre noir, qui permet de l’identifier.
On a ainsi, dans chaque camp :
– 9 pions
– 1 Tour
– 2 Cavaliers
– 1 Fou
– 2 Lances
– 2 Généraux d’or
– 2 Généraux d’argent
– 1 Roi
Comme aux échecs, chaque type de pièce possède ses déplacements spécifiques. Il est donc important de bien les connaître pour jouer.
Je précise cependant qu’au shōgi, les pièces des deux camps sont identiques. Il n’y a donc pas de Blancs ou de Noirs, comme c’est le cas aux échecs. Seule la direction qu’indique la pointe de chaque pièce permet de savoir à quel camp elle appartient.
Le but du jeu
Au shōgi, le but du jeu est de prendre le roi adverse. Mais il est également possible de remporter la partie en mettant le roi adverse « Mat ». C’est le cas quand le joueur ne peut empêcher qu’il soit pris dès le coup suivant.
Les principales différences entre le shōgi et les échecs occidentaux
Les points communs entre les échecs et le shōgi sont essentiellement liés aux mécanismes de base de ces deux jeux. Cependant, les différentes évolutions qu’ils ont connues ont également engendré des différences majeures entre eux.
Les plus évidentes concernent le plateau et les pièces. Pour rappel, les échecs occidentaux se jouent sur un plateau de 8×8 cases blanches et noires, avec 16 pièces par joueur.
Les autres principales différences entre le shōgi et les échecs concernent les règles. La plus remarquable est liée à la règle dite du « parachutage ».
Au shōgi, les pièces prises à l’adversaire ne sont pas simplement rangées comme c’est le cas aux échecs. Elles sont en effet mises en réserve et peuvent être remises en jeu (ou « parachutées ») à n’importe quel moment de la partie par leur nouveau propriétaire. Ce dernier peut les utiliser en vue de renforcer sa défense ou pour menacer son adversaire.
Cette règle particulière justifie d’ailleurs l’utilisation de pièces de la même couleur pour les deux camps au shōgi.
L’autre règle marquant une différence assez nette entre ces deux jeux concerne la capture du roi. Contrairement aux échecs occidentaux, au shōgi, il est possible de capturer le roi adverse si celui-ci n’est pas déplacé suite à une mise en échec. La partie prend alors fin.
Pour plus d’information sur les règles du shōgi, rendez-vous sur notre guide.
Le shōgi au Japon et dans le reste du monde
Au Japon, le shōgi est un véritable sport national, avec plus de 10 millions de joueurs réguliers. Un jour lui est même dédié chaque année : le 17 novembre.
Créée officiellement en 1924, la fédération japonaise de shōgi (Japan Shōgi Association) organise régulièrement des tournois, gère les classements et se charge de la rémunération des joueurs professionnels (les kishi).
Dans le reste du monde, le développement du jeu est encore embryonnaire. En Europe par exemple, les 19 fédérations nationales actives regroupent environ 1100 joueurs sous le giron de la FESA (Fédération Européenne de shōgi). Dans l’Hexagone, les tournois, le classement et la promotion du jeu sont gérés par la Fédération Française de shōgi (FFS) depuis sa création en 2006.
Les vidéos pour apprendre à jouer au shōgi
Les plateformes pour jouer au shōgi en ligne
Envie d’affronter d’autres joueurs de shōgi ? Il existe quelques plateformes en ligne sur lesquelles vous pouvez jouer contre des pratiquants du monde entier. Les plus connues sont notamment :
Une version multijoueur du shōgi est par ailleurs disponible sur Play OK.
Les livres pour apprendre à jouer au shōgi
Il y a peu de livres en français dédiés aux règles et tactiques du shōgi. En voici quelques uns très utiles.
[winamaz bestseller= »Shogi livre echecs japonais » template= »horizontal »]- Shogi: L’art des échecs japonais, de Fabien Osmont
- Shôgi – Initiation aux échecs japonais, de Florent Gorges



