Règles du shōgi : comment jouer aux échecs japonais

Comment jouer au Shogi ? Guide et explication

Véritable religion au Japon, le shōgi est considéré comme l’un des jeux de stratégie les plus subtils au monde. Hors de la péninsule nippone, ses règles restent ainsi une énigme pour de nombreux joueurs occidentaux. Cependant, comme le conviennent beaucoup d’entre eux, connaître la règle du shōgi et les tactiques du jeu peuvent être très utiles pour améliorer ses performances aux échecs classiques.

Si vous souhaitez, vous aussi, faire partie de l’élite, voici donc un condensé des règles du shōgi :

Petit rappel des bases du shōgi

Avant tout, si vous ne l’avez pas encore fait, je vous recommande de lire mon article introductif sur le shōgi. Vous y trouverez les infos nécessaires sur les bases du jeu. Faisons tout de même un petit rappel des fondamentaux du jeu.

Au shōgi, deux joueurs s’affrontent dans une partie dont le but est de capturer le roi adverse. Pour cela, chacun d’eux joue à tour de rôle et déplace les pièces qui sont les siennes sur un échiquier spécifique.

Le plateau de shōgi ou shogi ban

C’est le plateau de jeu. Il comporte 9×9 cases qui sont toutes de la même couleur.

Les pièces

Les 9 pièces du Shogi

Au shōgi, chaque joueur commence la partie avec 20 pièces. Ces dernières sont disposées de façon bien précise au début du jeu. Chaque type de pièces possède par ailleurs des règles de déplacement très spécifiques.

La position initiale des pièces

Pour commencer, 9 pions sont positionnés initialement sur chacune des cases de la troisième ligne du camp de chaque joueur. Viennent ensuite, de gauche à droite, sur la première ligne :

  •         Un lancier ;
  •         Un cavalier ;
  •         Un général d’argent ;
  •         Un général d’or ;
  •         Le Roi,
  •         Un général d’or ;
  •         Un général d’argent ;
  •         Un cavalier ;
  •         Un lancier.

Sur la deuxième ligne, seules la deuxième case et l’avant-dernière sont occupées. Elles accueillent respectivement le fou et la tour.

Voici une petite illustration de la position initiale des pièces.

Disposition des pièces du Shogi

Le déplacement des pièces

Comme c’est le cas aux échecs, chaque type de pièce utilisée au shōgi ne peut se déplacer qu’en respectant certaines règles de mouvements.

Tableau récapitulatif des mouvements de chaque pièce du Shogi

Déroulement des parties

Les bases du jeu étant posées, abordons maintenant la phase pratique du jeu.

Qui commence au shogi ?

Au shōgi, il n’y a pas de camp blanc et de camp noir, comme c’est le cas aux échecs occidentaux. Afin de déterminer le joueur qui commence, on procède donc à une sorte de tirage au sort appelé « furigoma ».

En résumé, le joueur dont le grade est le plus élevé choisit 5 pions et les jette en l’air au-dessus du plateau.

La face sur laquelle ces derniers retombent détermine le joueur qui commence. S’il y a plus de pions qui atterrissent avec la face promue visible, le plus gradé démarre la partie. Il est alors nommé « Sente ». Son adversaire prend, pour sa part, l’appellation de « Gote » pour la partie. Dans le cas contraire, les rôles s’inversent.

Les principaux coups

Les déplacements des différentes pièces s’accompagnent de trois principaux types d’actions :

Les prises

Comme aux échecs classiques, si le joueur déplace une pièce et qu’elle atterrit sur une case déjà occupée par une pièce adverse, cette dernière est prise. Elle est enlevée du jeu, mais doit être déposée juste à la droite de l’échiquier.

Le parachutage

Contrairement aux échecs où les pièces prises n’interviennent généralement plus dans la partie, au shōgi, elles peuvent revenir dans le jeu à n’importe quel moment. La règle du shōgi appelée « parachutage » autorise en effet les joueurs, lorsque c’est à leur tour de jouer, de faire revenir dans le jeu, une pièce prise à l’adversaire.

Ladite pièce peut alors être « parachutée » sur n’importe quelle case vide du shogiban, à quelques exceptions près.

En effet, il n’est pas permis de « parachuter » :

  •         Un pion directement en position de mettre le roi adverse en échec et mat ;
  •         Un pion sur une colonne sur laquelle figure déjà un pion du même camp n’ayant pas encore été promue ;
  •         Une pièce sur une case d’où il lui serait impossible de se déplacer par la suite ;
  •         Une pièce directement en position d’être promue immédiatement.

La promotion

Sur le shogiban, la zone de promotion de chaque joueur couvre les trois dernières lignes les plus éloignées de sa position sur l’échiquier. Cela correspond aux lignes qui sont occupées initialement par les pièces de l’adversaire.

Quand une pièce atteint cette zone, elle peut être promue. Elle est alors retournée pour laisser apparaître un kanji spécifique, auquel sont associées des possibilités de déplacements supplémentaires.

Petite précision : le joueur est libre de procéder immédiatement à la promotion dès que la pièce entre dans ladite zone, ou plus tard, à l’occasion d’un nouveau déplacement de la pièce.

Toutefois, la règle du shōgi oblige le joueur à promouvoir systématiquement tout pion et tout lancier qui arrive jusqu’à la dernière ligne. Il en est de même pour les cavaliers qui atteignent l’avant-dernière ou la dernière ligne.

Comment gagner au shōgi ?

Pour gagner au shōgi, il faut utiliser les différents coups décrits ci-dessus pour prendre le roi de son adversaire. Un « Mat » est également possible lorsque le roi adverse ne peut plus éviter une prise au coup suivant.

Tout comme aux autres variantes des jeux d’échecs, les stratégies et tactiques pour parvenir à cette fin sont aussi nombreuses que variées. De plus, au shōgi, le parachutage et les promotions augmentent beaucoup la complexité des parties.

Pour aller plus loin

Les meilleurs vidéos pour apprendre le Shogi

Les ouvertures au Shogi