7 raisons qui font que les échecs sont bien un sport

Sportifs contre joueurs d'échecs

Les échecs sont-ils un sport ? La question a longtemps fait l’objet d’un débat passionné qui semble, aujourd’hui, définitivement tranché. En mars 2022, le ministère des sports français a en effet officiellement reconnu le jeu d’échecs comme une discipline sportive à part entière.

En ce qui me concerne, la réponse a toujours été évidente, tant les arguments aboutissant à cette conclusion sont nombreux. Mais si vous en doutez, j’ai réuni, dans cet article, 7 bonnes raisons, parmi tant d’autres, pour lesquelles, les échecs sont indiscutablement un sport.

Raison n°1 : Echecs rime avec compétition

Comme c’est le cas pour n’importe quel autre sport, les échecs sont basés sur le principe de la compétition.

Au même titre que les deux combattants qui s’opposent sur un ring de boxe, chaque partie d’échecs est en effet un affrontement entre deux joueurs ayant un objectif commun : gagner !

Ici, cette victoire se matérialise par le mat du roi adverse. Pour y parvenir, chaque coup joué est important et chaque mise en échec du roi peut être assimilée à une tentative de mettre KO son adversaire.

Autre similitude avec la plupart des autres sports : seulement trois issues sont possibles pour une partie d’échecs : une victoire des Blancs, une victoire des Noirs ou un Nul.

Raison n°2 : Des règles officielles indiscutables

L’une des principales caractéristiques communes à tous les sports est l’existence de règles officielles communes et reconnues. Celles des échecs modernes sont bien définies et admises par tous, dans les rencontres et les compétitions internationales.

Que ce soit en amateur ou en professionnel, le matériel de jeu est également le même partout :

  •         Un échiquier réglementaire de 64 cases ;
  •         32 pièces réparties en deux camps, soit 16 pièces pour chaque joueur : 2 tours, 2 fous, 2 cavaliers, 8 pions, une Reine (ou Dame) et un Roi ;
  •         Une pendule pour limiter le temps de réflexion de chaque joueur.

Chacune des pièces est toujours positionnée sur la même case au début des parties. Les protagonistes jouent à tour de rôle, chacun ayant le droit de déplacer une seule pièce à chaque coup. Le déplacement desdites pièces répond également à des règles bien précises.

Quelques autres règles essentielles du jeu sont également immuables. Par exemple, c’est toujours le joueur ayant les Blancs qui commence. Et comme dans tous les autres sports, le non-respect de l’une ou l’autre de ces règles est sanctionné.

Raison n°3 : Une solide structure organisationnelle

Les échecs font, sans aucun doute, partie des jeux les plus structurés et les mieux organisés au monde.

Depuis 1886, un championnat du monde d’échecs, ainsi que diverses compétitions internationales sont organisées chaque année. Elles réunissent des joueurs affiliés aux fédérations nationales de presque tous les pays du monde, sous la houlette de la FIDE (Fédération Internationale Des Echecs).

Des millions de joueurs à travers le monde

Fondée le 19 mars 1921, la Fédération Française d’échecs compte aujourd’hui en son sein plus de 56 000 licenciés répartis dans 850 clubs à travers le pays, soit presque autant que la boxe, les sports de glace ou encore l’escrime.

Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. On estime en effet à plus de 25 millions, le nombre de personnes qui savent jouer aux échecs en France. Parmi celles-ci, 5 millions jouent au moins une partie par an. De plus, selon une source ministérielle, plus de 400 000 écoliers apprennent aujourd’hui à jouer aux échecs chaque année.

Des compétitions à tous les niveaux

L’existence de fédérations et de clubs rend possible l’organisation régulière de compétitions d’échecs à différents niveaux, par zones géographiques (ville, pays, continent, zone académique, etc.) ou par catégories d’âges (pupilles, poussins, séniors, etc.).

Ce qui permet d’identifier des champions à tous les niveaux, comme c’est le cas pour les autres disciplines sportives.

Raison n°4 : Un système de classement des joueurs

Comme dans les autres sports, les joueurs d’échecs sont classés en fonction de leurs performances dans les compétitions. Très élaboré, le système de classement et de notation utilisé aux échecs est d’ailleurs l’un des plus points qui soient. Développé en 1960, il sert également de référence dans plusieurs autres disciplines sportives comme :

  •         Le baseball ;
  •         Le basketball ;
  •         Le hockey ;
  •         Le rugby ;
  •         Le golf ;
  •         Le football américain.

Raison n°5 : L’aspect physique bien au rendez-vous

L’un des principaux arguments mis en avant par les personnes qui ne considèrent pas les échecs comme un sport concerne la soi-disant absence d’activité physique, car les parties se déroulent en position assise.

Je vous le dis tout de suite : cet argument ne tient pas la route !

Une préparation physique indispensable

Tout comme le footballeur ou le joueur de basket qui a besoin d’une bonne préparation physique avant chaque match, le joueur d’échecs est un sportif à part entière et doit être en bonne condition physique.

En effet, sans cela, il est difficilement envisageable de rester assis sur une chaise et concentré pendant plusieurs heures d’affilée. De même, le cerveau ne peut pas tenir 10 jours d’affilée de compétition si le corps est en mauvaise forme.

Par conséquent, tous les grands joueurs d’échecs ont une routine sportive qui leur permet de maintenir leur place sur l’échiquier international.

À titre illustratif, Maxime Vachier-Lagrave, numéro 2 français et numéro 2 mondial en 2016, a quasiment la même routine que n’importe quel autre sportif de haut niveau. Chaque jour, il fait ainsi plusieurs kilomètres de course à pied. De plus, en dehors des compétitions, il se rend en salle trois fois par semaine. Encadré par un coach sportif, il travaille son rythme cardiovasculaire et fait du renforcement musculaire.

De même, Garry Kasparov, la légende des échecs qui a été numéro 1 mondial pendant 20 ans et champion du monde pendant 15 ans, s’entraîne régulièrement pour conserver sa bonne forme physique.

Une importante dépense d’énergie

Aussi surprenant que cela puisse paraître, jouer aux échecs implique une importante dépense de calories.

Cette affirmation a été prouvée en 2009 par le neurobiologiste américain Robert Sapolsky de l’Université de Stanford. Ses études ont démontré qu’un joueur participant à un tournoi peut brûler jusqu’à 6 000 calories par jour. Ce qui équivaut au triple de la dépense calorique quotidienne d’un adulte actif.

Mikhail Antipov, grand maître international d’échecs depuis 2013, a accepté de participer à une expérience pour mesurer la dépense d’énergie au cours des parties d’échecs. Pour cela, plusieurs capteurs ont été posés sur son corps durant une partie.

Les données récoltées ont révélé une dépense de 650 calories au cours d’un match de deux heures. Cela équivaut approximativement à la dépense calorique d’une heure de course à pied à rythme modéré.

Cette débauche d’énergie est essentiellement liée au stress intense auquel les joueurs sont soumis au cours des parties.

Raison n°6 : Une composante mentale comme dans tous les autres sports

La pratique de toute activité sportive exige une certaine implication mentale. Jeu de stratégie par excellence, les échecs sont particulièrement exigeants sur ce point. Pour réussir à mettre votre adversaire « échec et mat », vous devez en effet solliciter votre sens tactique et coordonner vos coups.

Raison n°7 : La reconnaissance olympique

Pour qu’une discipline soit reconnue comme un sport par le Comité international olympique (CIO), elle doit respecter quatre conditions essentielles :

L’existence d’une Fédération internationale

C’est le cas pour les échecs depuis 1924. La Fédération internationale des échecs (FIDE) a été fondée à Paris sous l’impulsion du Français Pierre Vincent.

Se conformer au code mondial antidopage

Afin de garantir l’égalité des chances entre les participants, la FIDE a adopté un règlement contre l’assistance pharmacologique au cours des parties. L’agence mondiale antidopage intervient également pour des contrôles au cours des compétitions internationales d’échecs.

Se conformer aux règles de la Charte olympique

Les joueurs d’échecs sont entre autres soumis à des obligations de fairplay. Ils doivent, par exemple, se serrer la main au début et à la fin de chaque partie. En cas de manquement à cette obligation, des pénalités sont prévues. De plus, tout comme au football, il est interdit de quitter l’aire de jeu au cours d’une partie.

Se conformer au Code du Mouvement olympique sur la prévention des manipulations de compétitions

La FIDE s’est dotée d’une commission d’éthique et de discipline qui s’assure que les compétitions se déroulent sans tricherie.

À la coupe du monde de Sotchi par exemple, les joueurs n’avaient pas le droit d’avoir des montres ou des stylos sur eux, afin d’éviter les transmissions de signaux.

Pour la petite anecdote, en 2019, le Français Sébastien Feller et deux de ses complices ont écopé de six mois de prison avec sursis et d’une amende de 1500 euros pour des fraudes constatées pendant une compétition.

En gros, toutes les dispositions sont prises par la Fédération internationale pour garantir l’équité des parties.

Verdict du CIO ?

Ayant respecté ces quatre conditions, les jeux d’échecs ont été reconnus par le Comité international olympique en 2000 comme un sport, au même titre que le football, le basketball, le tennis et autres.

Et s’ils ne figurent pas encore sur la liste des disciplines olympiques pour les JO 2024, cette injustice sera sans doute réparée dès les prochaines échéances.

Alors vous doutez encore du fait que les échecs sont un sport ? Pour finir, je me permets cependant de rappeler que les échecs sont aussi, et avant tout, un jeu. On y joue pour gagner, mais également pour s’amuser. Ne perdez surtout pas de vue cet aspect !